PAGE EN COURS DE CONSTRUCTION

 

 

 

L’aponévrosite plantaire ou fasciite plantaire correspond à une inflammation du fascia plantaire ; membrane fibreuse localisée sur la partie plantaire du pied. Elle est appelée « épine calcanéenne » du fait de la présence d’une ossification de sa partie calcanéenne dans les formes chroniques

L’ANATOMIE

 

L’aponévrose plantaire ou fascia plantaire est une membrane fibreuse très épaisse localisée à la partie plantaire du pied. Elle est de forme triangulaire, s’insérant à la partie postérieure du pied sur le calcanéum, s’élargissant vers l’avant du pied pour se terminer sur les têtes métatarsiennes. Elle a pour rôle de soutenir l’arche interne du pied et de protéger les tendons sus-jacents. Cette membrane s’intègre dans un complexe fibreux plus important : le complexe Suro-Achilléo-Plantaire. En effet, l’aponévrose plantaire est en fait le prolongement du fascia postérieur de jambe (aponévrose achilléenne). Ainsi ce complexe fibreux prend naissance en arrière du genou se prolonge en arrière de la jambe par le tendon d’Achille, se réfléchit sur le calcanéum(=os du talon) pour se terminer sur les têtes métatarsiennes. L’aponévrose plantaire apparaît ainsi comme la partie plantaire d’une structure plus globale.

LA PATHOLOGIE (LE PROBLEME)

 

L’inflammation de l’aponévrose plantaire survient en cas de tractions anormales ou répétées sur celle-ci. Cela peut être le cas lors des sollicitations sportives importantes (une longue marche ou une course...) mais également par des troubles architecturaux de l’arrière pied, qu’ils soient statiques (plat, creux) ou dynamiques (valgus, pronation, varus…) entrainant une mise en tension excessive de l’aponévrose. Des causes mécaniques comme le sur- poids ou la manutention d’objets lourds peuvent également être retrouvées. Cette traction sur l’aponévrose va être à l’origine de contraintes mécaniques sur les 2 insertions de l’aponévrose : ces tractions se reportent sur une zone large en avant (pression basse) ; mais sur une zone très limitée en arrière, au niveau de l’insertion calcanéenne, où les pressions seront les plus élevées. C’est donc cette traction importante sur une zone limitée qui sera à l’origine des douleurs talonnières et des éventuels signes radiographiques.

 

LA CLINIQUE

L’aponévrosite plantaire est la principale cause de douleur du talon ou « talalgie ». Elle se caractérise par une douleur du talon, aggravée à l’appui et la marche ; obligeant les patients à une marche sur l’avant pied ou le bord externe du médio-pied.

 

LE DIAGNOSTIC

Le diagnostic est avant tout clinique sur une douleur reproduite à la palpation de la face inférieure du talon, souvent en face interne, parfois sur la face externe. La douleur est également reproduite par la mise en tension de l’aponévrose, en flexion dorsale de cheville avec appui sur les têtes métatarsiennes. Un bilan radiographique permet de rechercher des signes de gravité ou de chronicité sous la forme d’une ossification de son insertion calcanéenne (d’où le nom « d’épine calcanéenne » ou épine de LENOIR). L’IRM et l’échographie permettent de confirmer le diagnostic en révélant l’inflammation de l’aponévrose et en recherchant des signes de gravités (fissurations).

 

LES TRAITEMENTS MEDICAUX (NON CHIRURGICAUX)

L’adaptation du chaussage avec des chaussures plus amortissantes et intégrant un léger talon est un moyen simple de diminuer les douleurs au début de la symptomatologie. Les traitements médicamenteux (antalgiques et anti-inflammatoires), prescrits par votre médecin traitant, permettent de lutter contre la douleur et l’inflammation aigue. La diminution des facteurs favorisants comme le repos ou la perte de poids sont les premiers moyens à envisager. La correction de troubles architecturaux du pied par la confection d’orthèses plantaires (semelles orthopédiques) est un excellent moyen de soulager l’inflammation de l’aponévrose. La kinésithérapie de rééducation, par étirement de l’aponévrose plantaire et de l’ensemble de la chaine suro-achilléo- plantaire permet de faire diminuer la pression et de réduire l’’inflammation. Des massages transverses profond peuvent aussi être pratiqués. Le recours à des ondes de choc, de la mésothérapie, ou à une infiltration de dérivés cortisonés localement sont d’excellents moyens thérapeutiques pour diminuer l’inflammation.

 

LES RISQUES ET COMPLICATIONS EN L’ABSENCE DE TRAITEMENT

En l’absence de traitement, l’appui talonnier devient de plus en plus douloureux, à l’origine d’une boiterie avec défaut d’appui et de difficultés de chaussage. En dernier recours, il peut se former des nodules fibreux au sein de l’aponévrose inflammatoire. Il peut même survenir une rupture de celle-ci. LE TRAITEMENT CHIRURGICAL (LES OPERATIONS) Point important : L’image « d’ossification » de l’insertion calcanéenne de l’aponévrose plantaire est souvent interprétée par les patients comme la cause de leur douleur, sous la forme d’une « pointe douloureuse » qui devrait être retirée. Pourtant, cette « pointe osseuse » n’a rien de douloureuse en soit : elle n’est que la traduction de la tension mécanique de l’insertion osseuse de cette aponévrose. Ainsi, le traitement passera par l’allongement de l’aponévrose mais la résection de l’ossification n’a aucun intérêt! Quand le traitement médical ne suffit pas, le recours à une prise en charge chirurgicale peut vous être proposé. Le traitement chirurgical consiste en la section partielle ou totale de l’aponévrose plantaire ; celle-ci cicatrisant ensuite en position détendue, faisant ainsi chuter la pression au sein de celle-ci. L’inflammation disparaît ensuite d’elle-même. Parfois, le traitement chirurgical s’inscrit dans une prise en charge plus complexe de correction de troubles architecturaux du médio ou de l’arrière pied ; l’intervention sur l’aponévrose plantaire n’est alors qu’une étape de libération du médio ou de l’arrière pied.

 

L’HOSPITALISATION

L’hospitalisation est généralement ambulatoire, mais peut faire appel à une nuit d’hospitalisation devant des problèmes de santé ou un isolement social.

 

L’ANESTHESIE

Une consultation préopératoire avec un médecin anesthésiste-réanimateur est obligatoire. Ce médecin vous expliquera, lors de cette consultation, les modalités et les choix possibles d’anesthésie adaptée à la chirurgie et à vos problèmes de santé. Lors de cette consultation, il sera également fait le point sur vos traitements médicamenteux. De nouveaux traitements pourront également être mis en place, que cela soit avant ou après l’intervention. Les plus fréquemment utilisés sont des anticoagulants, des antibiotiques, des antalgiques, des anti-inflammatoires... ils comportent bien sûr des risques spécifiques. L’anesthésie opératoire pourra être locorégionale (anesthésie englobant un segment de membre, de la jambe aux orteils), rachidienne (anesthésie du bassin et des membres en piquant entre deux vertèbres) ou anesthésie générale. Le recourt à une transfusion sanguine est exceptionnelle dans ce type de chirurgie où le saignement est très limité et s’effectuant généralement avec un garrot.

 

L’INSTALLATION AU BLOC

L’intervention a généralement lieu à plat dos sur la table opératoire. Parfois, pour faciliter la vision du chirurgien, un cousin peut être placé sous la fesse opposé pour vous placer de ¾. Lors de votre passage au bloc opératoire, ne vous étonnez pas si l’on vous demande plusieurs fois votre identité, le côté à opérer (à votre arrivée, lors de votre installation…) : c’est une procédure obligatoire pour tous les patients (appelée « check-list de sécurité » et demandée par la Haute Autorité de santé (HAS)).

 

LA TECHNIQUE

L’intervention dure environ 30 à 45min. elle consiste en la section partielle ou totale de l’aponévrose plantaire ; quelques centimètres avant son insertion calcanéenne. La cicatrisation du fascia se fait ensuite spontanément en quelques semaines, en position détendue, faisant chuter les pressions sur les insertions osseuses, notamment sur l’insertion calcanéenne. - L’incision est réalisée sur la face interne du talon, sa longueur dépend de la technique chirurgicale utilisée. Plusieurs techniques chirurgicales sont possibles : - À « ciel ouvert », c’est à dire sous contrôle de la vue, par une courte incision de moins de 10cm. - En chirurgie percutanée, par une incision punctiforme de quelques millimètres, permettant la section de l’aponévrose par un fin bistouri, sous contrôle d’un amplificateur de brillance (=appareil de radiographie opératoire) pour contrôler la position de l’instrument. - Sous endoscopie : à l’aide d’une caméra introduite par une incision de 1 centimètre environ, permettant la section de l’aponévrose guidée par l’image vidéo. Un garrot est souvent utilisé, pour interrompre temporairement l’arrivée de sang au niveau de la zone opératoire. Celui-ci peut être mis en place au niveau de la cuisse, de la jambe ou même de la cheville. Au cours de l’intervention, votre chirurgien peut se trouver face à une situation ou un événement imprévu ou inhabituel imposant des actes complémentaires ou différents de ceux qui étaient prévus initialement. Une fois réveillé et l’intervention terminée, la démarche de votre chirurgien et les actes réalisés vous seront expliqués.

LE POST-OPERATOIRE

➜ L’APPUI

En fonction des habitudes de votre chirurgien et de la technique opératoire, une immobilisation de quelques semaines peut vous être prescrite. L’appui partiel est généralement permis (utilisation de béquilles possible) les premières semaines, en fonction des phénomènes douloureux. Un chaussage large mais fermé est en général repris vers la 3ème semaine. Le retour à un chaussage habituel se fait entre 2 et 3 mois.

 

➜ L’ŒDEME POST-OPERATOIRE

L’œdème (=gonflement du pied et des orteils) est habituel en chirurgie du pied, et n’est pas une complication. La prise en charge de l’œdème est essentielle non seulement pour atténuer la douleur mais aussi pour améliorer la qualité de la cicatrisation: ainsi, une certaine période de repos, de surélévation et la mise en place d’une contention veineuse (Chaussettes de contention ou bas à varices) peuvent être utiles. Cet œdème peut durer longtemps (plusieurs semaines, voire plusieurs mois) et ne prête le plus souvent pas à conséquence : il peut obliger à adapter transitoirement les chaussures.

➜ LA DOULEUR

La douleur post-opératoire de ce type de pathologie pose généralement peu de difficultés. Même si des antalgiques forts peuvent être utilisés dans les suites immédiates, le retour à la maison avec des antalgiques simples est la règle. Il est également parfois utilisé une anesthésie plus ou moins prolongée et complète du membre opéré (bloc anesthésique ou anesthésie loco-régionale) pour diminuer ou supprimer les douleurs les plus importantes des premiers jours. Un arrêt de travail est généralement nécessaire après l’intervention chirurgicale. Sa durée est en moyenne de 6 semaines mais dépend de votre activité professionnelle et des gestes chirurgicaux réalisés.

LE PANSEMENT

Le pansement est réalisé avec soins lors de l’intervention selon les habitudes de votre chirurgien et le plus souvent il ne doit pas être modifié. Cependant si des soins sont réalisés à votre domicile, il est important de veiller à l’hygiène de votre cicatrice tant que les fils sont présents et qu’elle n’est pas totalement étanche. L’hygiène des mains est capitale et il ne faut jamais toucher sa cicatrice sans se laver les mains. Veillez toujours à disposer chez vous d’un point de lavage ou d’un flacon de produits hydroalcooliques pour l’infirmière qui réalisera vos soins.

PREVENTION DES PHLEBITES

La prescription d’injections d’anticoagulants est parfois envisagée selon l’évaluation de votre état de santé par le chirurgien et le médecin anesthésiste.

LES CONSULTATIONS POST-OPERATOIRES

Un suivi post opératoire vous sera proposé par votre chirurgien. Son rythme dépendra du geste opératoire et de votre évolution. Les premières consultations portent sur la surveillance de la cicatrisation, de l'état local et la reprise de l’appui. Les consultations ultérieures concernent la récupération fonctionnelle, la sédation des phénomènes douloureux et la remise en charge complète.

CE QUE JE PEUX ATTENDRE DE L’INTERVENTION

Même si l’intervention est courte et a généralement lieu lors d’une hospitalisation ambulatoire ; les suites opératoires sont longues pour que les phénomènes douloureux diminuent (de 3 à 6 mois environ). En effet, cette pathologie évolue généralement depuis de nombreux mois ou années avant le recours à la chirurgie. Ainsi, le temps de diminution des phénomènes inflammatoires et de la cicatrisation complète de l’aponévrose plantaire est longue, se faisant sur de nombreuses semaines.

Adapté de la fiche d'information de la SFCP (Société Française de la Chirurgie du Pied)

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